Nous sortons de cette période électorale pleins d’émotions, de déceptions mais heureusement surtout d’ espoirs qui se cristallisent autour de quelques points que je voudrais partager avec vous.
La dynamique à gauche n’est pas morte, visiblement nos concitoyens ne se sont pas si éloignés qu’on aurait pu le craindre des valeurs de justice et d’égalité des chances dans un monde qui les explose sans scrupule.
Quand les pouvoirs aujourd’hui installés dévoileront pas à pas leur stratégie économique au profit des plus chanceux, en laissant sur le bord de la route les plus faibles, nous sommes certains, depuis hier soir, que la dynamique d’espoir qui a conduit à la situation d’aujourd’hui se renversera sans prévenir.
Ce n’est donc pas l’appétit pour un monde équilibré qui manque au peuple français, ce sont les réponses aux dramatiques inconvénients d’un monde libéral.
Incapables de choisir ces réponses puisqu’elles n’apparaissent pas à leurs yeux, ils se jettent derrière celui qui a chanté le mieux .Le temps d’une mélodie c’est toujours un moment de rêve qu’on ne leur volera pas.
Nos concitoyens soufrent de l’insécurité grandissante qui s’offre à leurs enfants. Ils se sont précipités sur des propositions qu’on a su leur présenter comme alléchantes dans une expression faussée par une communication moderne et américanisée qui édulcore sans scrupule les conséquences. Mais dès qu’ils perçoivent que l’édulcorant a masqué le goût, dès qu’ils comprennent avoir été empoisonnés, ils réagissent, on l’a vu hier soir. Il y a un formidable potentiel derrière tout cela.
C’est une nouvelle période qui s’ouvre maintenant, celle de la reconstruction pour le futur. Tout est ouvert pour édifier une nouvelle Maison de la gauche en France.
Nous avons tous eu peur d’être tombés au plus bas, dans un trou béant creusé pour enterrer tous ceux qui tentent de trouver des réponses valables aux tentacules libérales.
Les échecs de la Présidentielle semblaient avoir balayé en un temps, outrageusement raccourci, nos systèmes à gauche.
Il faudrait être sourd, aveugle, et faible d’esprit pour ne pas comprendre que la raison vient de l’incapacité à rendre crédibles nos recettes aux yeux de nos citoyens.
Faiblesse de communication, légèreté de certaines réponses, endormissement sur des principes ayant perdu leur actualité dans un rapport aux éléments qui a énormément changé, manque de modernité des discours, tout cela a malheureusement empoussiéré le paquet qui cachait pourtant des trésors.
Passé le vingtième siècle, le vingt et unième siècle doit être pris à corps maintenant.
Maintenant les cicatrices qui infectaient nos relations à gauche pourraient être oubliées si on le veut bien. Devant l’enjeu d’exister ou de disparaître, solder maintenant l’affaire du référendum sur la constitution européenne, solder les prétentions outrageuses des une et des autres serait le minimum.
Le peuple a besoin de la gauche, la France a besoin de la gauche française, l’Europe en a besoin, le monde en a besoin. La gauche ne peut pas passer à côté de cette question historique. Alors donnons-leur en France une Gauche moderne responsable.
L’architecte a plus de possibilité pour reconstruire un édifice écroulé que pour rénover un bâtiment si beau soit-il. Réfléchissons bien avant de se mettre à l’architecture, l’œuvre devra être attachante pour que le visiteur se l’approprie.
La diversité à gauche existe, tous nous partageons l’idée que de confier notre monde aux pouvoirs financiers le conduira à sa perte qui est déjà programmée si rien n’est fait. Le constat est sévère mais il est réel et la très grande majorité de nos concitoyens partage cette idée.
Nous entendions hier soir certains responsables de l’UMP justifier lé présence de gens de gauche en prônant l’idée d’un « gouvernement national » pour pouvoir répondre aux questions qui se posent à
la France. Je
ne suis pas contre l’ouverture, c’est un besoin dans un monde moderne ou la communication est reine. Mais pour autant cette ouverture des portes du gouvernement à gauche ne changera rien, elle n’empêchera pas la mise en place de politiques qui favorisent le développement économique sur base de profits toujours plus extravagants qui oublient par nature l’intérêt collectif des sept milliards d’humains que nous sommes sur cette petite planète devenue trop petite.
Aujourd’hui c’est plutôt le temps d’une « gauche rassemblée nationalement » qui est venu.
Ceux qui ne veulent pas d’un système outrageusement libéral doivent se rassembler pour imaginer, identifier, élaborer, proposer des alternatives capables de rééquilibrer la donne en terme de justice sociale, de développement durable (individu, environnement, énergie, société …), d’économie dynamique, de Paix mondiale.
Bien sur il y a une diversité dans les propositions, il y a ceux qui prônent la mise en place d’un système de partage des richesses à effet immédiat et il y a ceux qui pensent que c’est la somme des rééquilibrages notables qui conduira à une société équilibrée où chacun pourra développer toutes ses dimensions humaines.
Ces divergences d’opinion existent, y compris même au sein des Partis politiques. Il ne faut pas les occulter.
Elles s’appuient sur les divergences d’évaluation des efficacités économiques qui ne peuvent pas être sacrifiées au risque de voir l’appauvrissement s’installer.
Elles s‘appuient aussi sur la question de la liberté des consciences. Lutter contre le libéralisme ce ne doit pas être sacrifier les libertés individuelles, celle de penser, de vivre, de créer, d’entreprendre, de communiquer, d’établir des relations.
Tous ceux qui partagent la volonté de garantir les libertés individuelles dans une République laïque et indivisible, ceux qui pensent que le libéralisme économique conduira la planète au désastre, ceux qui pensent que l’individu n’a pas qu’une valeur marchande, ceux qui pensent que l’on doit aider celui qui a chuté, accompagné celui qui n’a plus la force de prendre en main son destin , ceux qui pensent que le système de société doit porter toutes ses valeurs pour en permanence les développer, tous ceux là doivent pouvoir faire des bouts de chemin ensemble.
C’est le peuple de gauche qui doit se lever, maintenant, aujourd’hui, sans attendre que les leaders se mettent d’accord.
On l’a vu, dès qu’il s’agit de leadership, de places, de carrières politiques, de champ d’influence, de compétition électorale rien ne va plus. C’est vrai nationalement, c’est vrai localement.
Dans les villes, dans les départements, dans les cantons travaillons à ce renouveau à Gauche. Nous ne sommes pas tous les mêmes, nous n’avons pas tous les mêmes idées, mais cependant il y a un véritable créneau aujourd’hui pour avancer ensemble et pour faire des propositions sérieuses identifiables comme modernes et efficaces.
Sur base de cette unité, de cette confiance mutuelle, de cette solidarité que nous nous devons entre nous, nous pouvons prendre le « Pouvoir ». Non pas celui de la puissance qui écrase et oubli, mais le « Pouvoir d’agir » et le « Pouvoir de construire «, le Pouvoir qui sera reconnu par la population comme répondant véritablement aux risques du monde d’aujourd’hui, pour que leurs enfants trouvent les moyens de leur développement et qu’ils vivent ensuite une vie d’adulte équilibrée à transmettre.
Oublions nos amours-propres, oublions nos rancœurs, oublions nos divergences, oublions les mots qui fâchent, oublions nos ambitions personnelles, nos recherches de places honorifiques ou rémunératrices.
Passons notre énergie à convaincre et à nous ouvrir .Passons nos énergies à rassembler et notre cercle de gauche grandira.
En un mot créons une véritable dynamique à gauche et je suis certain nous réussirons.
C'est ce que nous avons tenté à "Pontavenir" avec plus ou moins de réussite.
Michel Delmas
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